Faire du savoir-faire son premier capital.

« Ne commencez pas par chercher de gros capitaux, commencez par acquérir des compétences. » La phrase claque comme un manifeste. Pour Horlin Massamba Nseka, DG d’INFONET, qui nous a accordé une interview exclusive, l’entrepreneuriat en RDC doit d’abord être une affaire de savoir-faire avant d’être une course au financement. Diplômé de l’UNIKIN et passé par Equity BCDC, FHI 360 et la Fondation Awalus, il a bâti un centre de formation agréé qui prône la pratique, le numérique et l’employabilité immédiate. De la genèse d’INFONET à ses ambitions digitales, il explique pourquoi former reste, selon lui, le meilleur moyen de transformer son environnement.
Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
Je suis Horlin Massamba Nseka. Détenteur d’un Diplôme de licence en Communication des Organisations de l’Université de Kinshasa, mon parcours est marqué par une quête permanente d'excellence, certifiée par plusieurs titres nationaux et internationaux. Professionnellement, j’ai évolué au sein de structures d'envergure telles qu’Equity BCDC, FHI 360, ou encore l'ASBL Arts en Action sous financement de l'Union Européenne. J'ai également eu l'honneur de piloter la communication de la Fondation Awalus. Aujourd’hui, je mets cette expérience multisectorielle au service du développement des compétences en tant qu'initiateur et Directeur Général d'INFONET.
À quel moment avez-vous décidé de lancer INFONET ?
La décision est née d’un constat lucide sur l'écart entre la formation académique classique et les exigences réelles du marché de l'emploi en RDC. J'ai voulu créer un pont, un espace où la théorie cède la place à la pratique immédiate pour offrir aux jeunes une réelle autonomie professionnelle.
D’où vient le nom INFONET et reflète-t-il toute la portée de vos activités aujourd’hui ?
INFONET est la contraction de "Informatique" et "Network" (Réseau). À l'origine, l'accent était mis sur le numérique. Aujourd'hui, bien que nous ayons élargi nos filières à l'Auto-école, aux Langues ou au Paramédical, ce nom reste pertinent : nous vivons dans l'ère de l'informatique. Peu importe la filière, la maîtrise de l'informatique et du réseau est le socle de toute réussite moderne. Notre slogan, "Former aujourd’hui, transformer demain", vient compléter cette vision.
Combien de sessions avez-vous organisées et combien de personnes sont employées chez INFONET ?
Nous organisons des sessions de manière continue tout au long de l'année civile. Le volume de nos statistiques globales, archivées rigoureusement à notre secrétariat, témoigne d'une croissance constante du nombre d'apprenants. Pour encadrer ce flux, nous comptons sur une équipe dynamique composée de 32 experts formateurs qualifiés et d'un personnel administratif dédié, sans oublier les stagiaires que nous intégrons régulièrement pour favoriser leur immersion professionnelle.
Sur le plan national et international, quelle valeur a le diplôme octroyé par INFONET ?
Notre centre est officiellement agréé par l’État Congolais via l’Arrêté Ministériel N°014/CAB/MINETAT-FP/JMK/DBC/2025. Cette reconnaissance confère à nos brevets et certificats une validité juridique et professionnelle sur toute l'étendue du territoire national. À l'international, la qualité de nos programmes, alignés sur les standards technologiques actuels (notamment en NTIC et Marketing Digital), garantit à nos apprenants une compétence technique reconnue par les recruteurs.
Quel a été le plus gros défi ou revers depuis la création d’INFONET, et qu’en avez-vous tiré ?
Le défi majeur a été de convaincre les sceptiques qu'une formation de courte durée peut être plus efficace qu'un long cursus théorique. Nous en avons tiré une leçon essentielle : la preuve par le résultat. C’est l’employabilité immédiate de nos anciens apprenants qui est devenue notre meilleure stratégie de communication.
Partant de l’expérience que vous avez, le plus difficile à faire c’est créer son entreprise ou la faire prospérer ?
Créer demande de l'audace, mais faire prospérer demande de la résilience et de la discipline. La prospérité est un combat quotidien contre l'obsolescence. Pour INFONET, cela signifie innover sans cesse, comme nous le faisons avec l'intégration de l'Intelligence Artificielle dans nos modules.

À quelle hauteur êtes-vous soutenu par le ministère ayant la formation professionnelle dans ses attributions ?
Notre collaboration est avant tout institutionnelle et technique. En tant que centre agréé, nous bénéficions de l'encadrement pédagogique et de la supervision du Ministère de la Formation Professionnelle. C'est un partenariat de crédibilité qui garantit que nous suivons les normes nationales pour la montée en compétences du capital humain congolais.
Quelles sont les perspectives d’INFONET à 3 ou 5 ans ? Y a-t-il de nouveaux projets ou partenariats en vue ?
Nous visons à devenir le pôle de référence nationale en formation numérique. D'ici 5 ans, nous prévoyons de digitaliser davantage nos contenus via notre plateforme INFONET ACADEMIA pour toucher les provinces. Nous renforçons également nos liens avec nos partenaires actuels (Fondation AWALUS, BOMOTO MASTA, NORAC, MONY-TECH) et restons ouverts à de nouvelles alliances stratégiques pour l'insertion professionnelle de nos lauréats.
Un petit conseil à la jeunesse qui envisage d’entreprendre ?
Ne commencez pas par chercher de gros capitaux, commencez par acquérir des compétences. Dans l'économie moderne, votre savoir-faire est votre premier capital. Formez-vous, soyez rigoureux, et rappelez-vous : c'est en vous transformant vous-même par la formation que vous transformerez votre environnement ».
Par Marcel KILOMBO
Mise à jour associée
